QUAND LA PHOTOGRAPHIE SE MÊLE À L’ENSEIGNEMENT

PETIT DÉTOUR

Marie-Lou : En parlant de rencontres, justement, tu as suivi des artistes, j’ai vu les photos d’une chanteuse, d’un rappeur mais aussi d’autres artistes évoluant dans le domaine musical. Qu’est-ce que tu pourrais dire de cette expérience ?

Virginie : Ça été très chouette . Pour la photographe que je suis, c’était une thématique supplémentaire à explorer. J’intervenais en soirée, lors de concerts, donc au niveau technique c’était complètement différent. Je le fais beaucoup moins à présent.

Cela dit, j’ai récemment photographié un groupe émergent pour la deuxième fois, lors d’une scène au 106. C’était hyper intéres-sant parce que j’adore la musique mais tu n’as pas forcément accès à ce genre de soirées. 

Si ne je n’avais pas eu cette entrée-là, je ne serais jamais arrivée dans la salle avec mon appareil pour prendre des clichés du concert. D’autre part, à ces occasions, les prises de vues sont souvent réglementées. Ça m’a permis de découvrir un nouveau milieu avec plaisir et de faire des photos différentes. 

C’était rigolo de lier ma pratique à la musique. Ça m’a aussi amenée à faire un peu de vidéo. Bien qu’en ce moment, j’en fasse moins, ça m’a beaucoup plu et je pense y revenir tôt ou tard.

À LA CROISÉE DES CHEMINS

Marie-Lou : Est-ce que tu croises tes deux métiers ?

Virginie : Oui, j’inclus ma pratique photographique à mon travail d’enseignante. Avant, j’étais remplaçante. Comme tu le sais, je suis allée dans de nombreuses écoles et j’aurais adoré avoir un appareil photo dans toutes ces cours de récréation. 

Ça n’a pas été possible parce que c’était trop compliqué à gérer concernant le droit à l’image : je ne pouvais pas demander des autorisations aux parents alors que je restais seulement une ou deux journées, voire une semaine au même endroit.

Maintenant que je travaille dans une seule école, cette envie est réapparue et se concrétise. C’est d’abord grâce au directeur qui est génial : quand je lui ai dit que j’adorais la photo, il m’a proposé de mettre en oeuvre un projet. 

J’ai donc commencé à photographier les enfants lors de sorties scolaires ou de journées particulières. Je repense au premier jour de neige l’année dernière : j’avais obtenu des portraits exceptionnels des enfants. Ils étaient tellement contents que leur regard était illuminé !

Dans ce contexte-là , c’était plus simple aussi parce que tout le monde me connaît. Maintenant, les élèves sont habitués à me voir avec un appareil photo. Souvent, ça a des avantages parce qu’ils ne sont pas farouches mais à d’autres moments, l’inconvénient est que certains sont tentés de poser… 

Du coup, je leur explique que ça ne m’intéresse pas et les invite à retourner jouer. [Rires] Pour finir, on a fait une petite expo de ces photos-là : enfants et parents étaient très heureux.

Cette année, je continue. Je photographie les enfants pendant les récréations et à des moments ponctuels. Evidemment, les images ne sortent pas de l’école mais elles existent.

« I-photography » : École (2013)

Crédit ; Virginie-elle Photographie

DE TON EXPÉRIENCE À CELLE DES ENFANTS

Marie-Lou : Vraiment super. Est-ce que tu as envie de trans-mettre tes compétences dans le cadre d’ateliers de pratique artistique ? 

Avec l’argentique, c’était plus périlleux et ça coûtait très cher alors que maintenant, chaque école a des appareils photo numériques. C’est plus simple à réaliser : les élèves peuvent exercer leur œil, se lancer dans une réflexion face à l’image et tâtonner.

Virginie : Effectivement, c’est ce qui s’est passé l’année dernière. On a monté un groupe média avec le directeur de l’école. Il y avait différents volets mais on a commencé par la photo : on a commencé par analyser les supports publicitaires pour arriver à la création d’une affiche dont la base était une photographie. 

J’ai essayé de leur faire comprendre que l’on réfléchit toujours une image, j’ai attiré leur attention sur la notion de mise en scène pour la transmission du message qui était le nôtre , à savoir, promouvoir le tutorat de la lecture à l’école. C’est moi qui prenais les photos mais je voulais que ce soit eux qui pensent la composition de l’image. Je n’étais que l’exécutante, je me suis mise au service de leur réflexion.

Marie-Lou : Oui bien sûr. De toute façon, tu ne peux pas les amener directement à la prise en main de l’appareil, ça repré-sente trop d’apprentissages en même temps. 

Virginie : Cette année, je poursuis les ateliers avec les CP mais le but est autre : nous souhaitons réaliser un abécédaire. C’est un projet pluridisciplinaire : les élèves prennent la photo d’un objet avant d’écrire sa définition sur une tablette. On envisage un rendu par le biais du numérique. Ça englobe aussi la pro-duction d’écrits, le vocabulaire, les compétences informatiques, etc.

La première étape a correspondu à la prise en main de la tablette pour photographier : il ne fallait pas bouger, choisir un angle et je les ai laissés tâtonner. Ensuite, on a regardé leurs images: ils faisaient eux-mêmes les remarques susceptibles d’améliorer leur travail. 

J’intervenais aussi pour les amener à préciser ce qu’ils voulaient montrer pour rectifier le cadrage. Le but de ces séances de prise en main était de tenter de leur faire prendre conscience qu’une image se construit et que lorsqu’on veut montrer quelque chose, il faut y réfléchir, faire émerger une intention.

Marie-Lou : Encore une fois, ce que j’apprécie dans ta pratique est ce côté totalement naturel. Toutes les facettes de ta personnalité peuvent s’exprimer. Tu te trouves dans le plaisir d’une pratique, introduite de manière très simple, rien n’est grandiloquent. Avec les enfants, il me semble que ce soit pri-modial. 

Ce que l’on sait faire, ce que l’on aime faire, on le transmet bien et volontiers. Forcément, les enfants y adhèrent. Au-delà des apprentissages artistiques et culturels, ces choses vont cons-truire leur personne. Tu élargis leur regard, convoques leur imaginaire, leur donnes des outils de manière quotidienne. 

Dans une société où nous nous trouvons noyés dans un flot permanent d’images, il est important pour les petits de construire un regard critique. C’est super chouette, vraiment. J’adore ce que tu proposes.

Virginie : Merci, tu m’en vois ravie. J’adore aussi ! [Rires]

Photo I Phone école 2013

« I-photography » : École (2013)

Crédit : Virginie-elle Photographie

AU SUJET DES PROJETS ARTISTIQUES ET CULTURELS

Marie-Lou : Tu vois, lorsqu’on a abordé les projets artistiques et culturels , leur montage et leur mise en oeuvre, je te parlais de projets-flashes, qui selon moi passent à côté de l’essentiel.

Virginie : Oui, cette construction-là prend du temps ! Il faut investir le long terme.

Marie-Lou : Evidemment, cet aspect-là manque cruellement. Si les subventions ou l’absence de subventions en l’occurrence déterminent tout, pourquoi ne pas mettre en valeur les compétences des instits ? 

Parmi les professeurs des écoles, il y a un vivier énorme d’artistes et de gens très compétents dans différents domaines. Et ce n’est pas du tout valorisé. On parle de partenariats avec des structures culturelles et des intervenants artistiques.C’est très bien, j’adore cette idée mais dans la plupart des cas, on ne bénéficie d’aucun argent pour les rémunérer. 

Et, quand on obtient des dotations, on ne respecte pas le temps nécessaire pour que se construisent l’envie, le savoir-faire et savoir-être des enfants. Je me demande alors pourquoi l’institution ne s’appuie pas sur les gens qui, au sein de la com-munauté professorale, ont ces compétences-là.

Virginie : J’ai eu la chance de rencontrer des personnes prêtes à impulser ce genre de changement. Certains ont bien pris conscience de tout ça et tentent de faire évoluer les pratiques. Décloisonner, ouvrir. Il existe des solutions sans financement. 

On avait pensé à un décloisonnement [échange de pratiques et inversion ponctuelle des postes entre professeurs] qui me permette d’aller dans différentes écoles, à différents moments, pour mener ce projet en vue d’obtenir un panel d’images représentatif de l’école actuelle.

TÉMOIGNER

Marie-Lou : C’est hyper intéressant parce qu’il me semble que l’école actuelle, le travail qui s’y réalise, le statut soient méconnus. L’image que l’on nous renvoie est plutôt fantas-matique. En REP ou REP+ par exemple, on n’est pas uniquement le transmetteur de savoirs scolaires. 

Selon l’endroit où l’on travaille, le métier se déploie de manière différente. Il y a une palette énorme d’enseignants et de pratiques. Ce genre de projets permettraient aux gens d’être en contact avec ces réalités diverses.

Virginie : Aujourd’hui, nous sommes loin du quotidien décrit par les images de [Robert] Doisneau sur l’enfance et l’école. À ce titre et sans prétention, la dimension « témoignage » de la photo m’intéresse beaucoup aussi.

Marie-Lou : Non il n’y a rien de prétentieux, forcément ça a une valeur sociologique et historique. Ça s’inscrit à un moment don-né, dans un contexte particulier, en plus de l’intérêt artistique, je trouve que c’est utile .

D’UN DOMAINE ARTISTIQUE À L’AUTRE

Marie-Lou : Comment tu envisages la suite ? Aurais-tu envie de mêler la photographie à d’autres domaines artistiques ?

Virginie : Pour l’instant, je suis très absorbée par la préparation de l’exposition collective Jeanne je t’aime mais effectivement , je pense à d’autres projets à mener avec les enfants. Ils prendront forme dès que possible. J’en ai commencé un l’année dernière et je souhaite le renouveler : il s’agit de mêler photo et poésie.

Je ne suis pas poète dans l’âme, je n’ai pas un énorme culture poétique non plus mais à l’occasion d’une collaboration avec une collègue, j’ai compris que ça me plaisait vraiment. Cette collègue a proposé l’écriture de haïkus à ses élèves. Quand je suis arrivée dans sa classe, je me suis demandé ce qu’était cette petite chose… 

J’ai découvert en même temps que les enfants qui ont finale-ment produit des textes magiques ! Elle a su faire émerger leur potentiel, tout d’abord en les  « transformant » en écrivains.

Marie-Lou : Oui, elle a su les faire sortir de leur posture d’élèves pour les installer dans la peau de petits créateurs. Cette démarche lève beaucoup d’inhibition. Elle a réussi le plus difficile : faire en sorte qu’ils dépassent l’auto-censure et les résistances.

Viriginie : Et dans ce projet, bien que la thématique soit le haïku, les enfants ont commencé par dessiner pour se faire plaisir et désinhiber leur imaginaire. Ensuite, ils ont précisé leur intention pour arriver à l’écriture.

La découverte de cette petite forme en 5, 7 et 5 pieds m’a donné l’envie d’aller plus loin. Je ne sais plus quelle entrée j’ai privilégié mais en gros, j’ai pris des Polaroids et je souhaitais les amener à créer des haïkus en réponse à ces images. Je me suis arrêtée en cours de route à cause d’une contrainte matérielle, l’appareil m’a lâchée. Mais ce projet et cette envie sont bien présents, ils prendront forme à un autre moment.

Marie-Lou : Ce qui est important lorsqu’on aborde la poésie avec les élèves, c’est de leur faire prendre conscience que ce domaine est en lien avec une foule de disciplines artistiques : la photographie, le cinéma, la musique, la danse, l’illustration évidemment… 

À ce sujet, on peut amener les enfants à la création de  « livres pauvres » : ce sont des créations poétiques manuscrites sur papier. Dans un second temps, elles sont reprises par un illus-trateur ou une illustratrice qui s’empare du support pour faire écho au texte . 

Il n’y a rien de pauvre dans la démarche mais les supports sont ceux du quotidien, il y a beaucoup d’humilité dans leur choix pour instaurer le dialogue entre deux champs artistiques.

Virginie : Ce qui m’a plu dans le haïku, c’est la possibilité de condenser une émotion, de cristalliser un moment. On en revient au ressenti à un moment donné. Et toujours par l’échange aussi, j’ai beaucoup appris sur les vers, la rythmique, les rimes : j’ai discuté avec un photographe qui s’inscrivait dans ce type de projet. 

Son travail était très parlant. Du coup, on a co-construit. On se donnait un mot à partir duquel écrire un haïku et  la production d’images suivait . C’est comme ça que je me suis rendu compte que ça existait déjà et que ça me plaisait !

Marie-Lou : Le but n’est pas d’inventer un nouveau courant, celui ou celle qui aurait la prétention de le faire serait hors de propos. La création réside plutôt dans le fait de traiter ce qui existe de manière originale. Que fait-on avec ce qui est déjà ? Quel regard pose-t-on ? Tout de suite, il s’ouvre un univers.

Virginie : Oui, en quoi consisterait le mélange, l’association ou la dissociation ? C’est intarissable ! 

« JEANNE, JE T’AIME »

(ENCORE) UNE HISTOIRE DE RENCONTRE

Marie-Lou : Merci de toutes ces réponses. Maintenant, si tu le veux bien, abordons ta participation à l’expo collective  Jeanne, je t’aime.

Virginie : Une fois de plus, ce projet m’évoque tout d’abord des rencontres. À commencer par le directeur artistique. Je découvre en quoi consiste son métier et pense beaucoup apprendre de cette personne. Pour organiser une exposition en sollicitant autant de personnes, il faut avoir du réseau mais surtout de la générosité. Et puis ça se passe à l’abbatiale St-Ouen.

Marie-Lou : C’est aussi audacieux de sa part parce que l’abbatiale est un lieu superbe et prestigieux. Dans ces lieux patrimoniaux, on aurait tendance à voir ou à attendre des expos pas inintéressantes, mais lisses. Alors que dans ce cas, le contraste entre le lieu et le contenu de l’exposition est déjà intéressant. Justement, comment as-tu rencontré le directeur artistique ?

Virginie : Il s’appelle Fabien Dolinski alias Valentin Bates. Je l’ai rencontré avec Thomas Lattelais par l’intermédiaire de Florent Bance, un photographe qui participe à l’expo. 

On s’est tous retrouvés sur la terrasse d’un café et Fabien nous a expliqué en quoi consistait le projet. On a ensuite discuté autour de la thématique et notre participation a plus ou moins été validée. J’ai eu l’opportunité de collaborer avec Fabien pour la création de deux photos :  « Jeanne la sainte » et  « Jeanne dans les flammes ». 

Ça m’a beaucoup apporté : j’ai observé un fonctionnement différent du mien, une autre manière d’appréhender un shooting et le travail avec les modèles. C’était aussi très enrichissant de voir comment il a envisagé la scénographie, c’est d’ailleurs par cela qu’il a commencé.

  LA GUERRIÈRE – Virginie Lequien pour @jeannejetaimerouen     

Modèle : @audemoumousse
Maquillage : @marie.roullet

CREANDO…

Marie-Lou : Comment se sont déroulées la création et la mise en scène des photos de ton côté ?

Virginie : Je n’avais jamais fait ça auparavant alors j’ai commencé par un remue-méninges . En photo, on appelle ça un mood story. Tu réfléchis à la tenue, la coiffure, au maquillage, à la pose, l’éclairage, au lieu, etc. Tu passes en revue toutes les composantes de ton image. 

Pour mes trois clichés, la démarche a été similaire dans l’esprit mais dans les faits, elle a évolué à mesure que mon travail avançait. La première photo, dont Aude est le modèle, a été pensée de manière plutôt classique : c’est une photo studio, un peu mode, qui évoque Jeanne d’Arc. 

J’ai pu travailler avec une maquilleuse professionnelle, Marie Roullet, à qui j’ai amené des idées et des inspirations. Dans un second temps, on a discuté de ce que l’on pouvait faire et pendant le shooting, elle me sollicitait pour me demander mon avis, c’était vraiment un échange constant.

Sur la photo en noir et blanc, Julie a été prise au naturel. Le cliché ne nécessitait pas de maquillage particulier, je la trouvais très belle comme ça. On a travaillé à l’extérieur. Pour le choix du lieu, j’ai visité une foule de cimetières et finalement le choix du [Cimetière] Monumental [à Rouen] s’est imposé parce qu’il est accessible et nous laissait une grande liberté d’action sans être interrompus .

On avait pensé à une photo bondage, où Julie serait suspendue à une croix de chemin. Je suis alors allée acheter des cordes et des chaînes. Finalement, pour faciliter la prise de vue, enjamber les contraintes techniques et assurer la sécurité, on a laissé tomber cette idée. J’ai opté pour la contre-plongée.

LA SORCIÈRE – Virginie Lequien pour @jeannejetaimerouen         

Modèle : @lagloom

La dernière photo, sur laquelle on voit Marina, s’est faite tout à la fin. Comme avec les autres modèles, on a réfléchi ensemble : on tendait vers une vision très moderne et on s’est largement inspirées de l’esthétique de Tarantino pour donner à voir une Jeanne qui serait sortie de Kill Bill. Marina a bien joué le jeu, je la trouve très juste sur la photo.

Pour les deux clichés en collaboration avec Fabien Dolinski, en l’occurence, pour « Jeanne la sainte », j’ai un peu plus réfléchi à la tenue, à la mise en scène. On a pensé intégrer la figure de Jeanne dans les ogives de l’église St Maclou en retravaillant la perspective. 

Il a donc fallu penser à l’heure de la prise de vue en fonction de la lumière. Pour cette photo, j’ai eu la chance de capter un rayon de soleil plongeant sur le visage du modèle. C’était juste parfait ! 

Ce moment-là a été très éphémère, le shooting a duré 30 ou 40 minutes mais il a fallu réagir juste au moment où le ciel s’est éclairci pour laisser passer le soleil. En revanche, pour la deuxième photo, j’étais plus l’exécutante des idées et propo-sitions de Fabien.

POUR CONCLURE

Marie-Lou : Et quel a été ton ressenti tout au long de cette préparation et que retiens-tu de cette expérience ?

Virginie : J’ai adoré participer à cette exposition alors que dans un premier temps, lorsqu’on m’a annoncé le thème j’étais plutôt dubitative, je n’avais aucune idée. Je suis ravie d’avoir pu relever le défi. Ça a représenté une émulation et une stimulation très constructives. 

Pendant deux mois, je vivais et pensais Jeanne d’Arc. De fil en aiguille et d’une rencontre à l’autre, j’ai pu produire trois photos et deux autres en collaboration : je suis fière et heureuse de pouvoir être exposée dans un lieu aussi magnifique que l’abbatiale St-Ouen.

J’ai rencontré des gens fantastiques, c’était génial de pouvoir collaborer avec autant de personnes et j’ai très envie de refaire des shootings de cette manière. Je ne ressors que des choses positives de cette expérience : ça a été hyper instructif et ça a développé ma créativité.

Marie-Lou : Un grand merci Virginie et bravo pour ton travail que j’ai beaucoup aimé !

  LA GUERRIÈRE – Virginie Lequien pour @jeannejetaimerouen     

Modèle : @marinachikitina
Maquillage : @nidcy_namite

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