Originaire du Chili, Rodrigo Ramis vit à Paris depuis 1989. Il est directeur artistique du Théâtre d’Ailes Ardentes, metteur en scène, comédien et poète.

Sa conception de l’art nous mène à la croisée des chemins : théâtre contemporain, poésie, rituels et performance. Je l’ai rencontré alors qu’il animait un Café Poésie Nomade.

Neuf et hétéroclite, cet espace-temps invite amateurs et profes-sionnels à célébrer la poésie. Elle est dite, chantée, dansée et bénéficie d’une écoute très particulière.

Dans cet entretien, Rodrigo évoque sa démarche artistique et ses interventions, empreintes d’ouverture et de spiritualité.

Rodrigo Ramis - Crédit Photo : Pablo Barra

CAPSULE SONORE n°1

Paris au mois de juin. Les Hauts de Belleville. Fenêtre ouverte sur les bruissements de la rue et le regard de l’artiste. 

Qui est Rodrigo Ramis ? Comment envisage-t-il le fait poétique ?

CAPSULE SONORE n°2

Rodrigo évoque sa conception du théâtre et les fondements de sa pratique artistique.

Rodrigo Ramis - Crédit photo : Lee Yanor

CAPSULE SONORE n°3

L’artiste revient sur son parcours d’un pays à l’autre et partage son regard spirituel sur le cours des événements.

CAPSULE SONORE n°4

Influences et connexion permanente : Rodrigo évoque les auteurs avec lesquels ils ressent une résonance.

CAPSULE SONORE n°5

La démarche de Rodrigo semble porter la mémoire du monde… Dans cet extrait, l’artiste raconte comment il s’est imprégné de pratiques, écrits ou chants issus de quatre continents différents.

Juste avant le Rituel du Café - Page Facebook du Théâtre d'Ailes Ardentes

CAPSULE SONORE n°6

Rodrigo présente le Café Poésie Nomade, une des actions du Théâtre d’Ailes Ardentes. Il explique également le sens qu’il donne à cette initiative.

PEUX-TU RACONTER TON PARCOURS ARTISTIQUE EN IMAGES ET QUELQUES MOTS ?

Né au Chili, j’ai reçu une éducation francophone pendant la dictature. Tout en agissant dans l’underground artistique local, j’obtiens un diplôme d’Ingénieur Civil en Métallurgie et suis lauréat de la Fondation Shell.

Arrivé à Paris en 1989, une première rencontre en 1992 avec le Workcenter of Grotowski est déterminante: elle m’ouvre la voie du travail sur l’Art de l’Acteur comme une recherche personnelle globale. L’Art de l’acteur devient un Art d’Être. La Présence. La même année, je co-fonde la Cie Léon Céléna, puis travaille avec la Cie Premier Amour, sur les traces de Tadeusz Kantor.

Parallèlement, je suis aussi très fortement attiré par des pratiques traditionnelles spectaculaires :  les masques balinais, les danses africaines, les percussions afro-brésiliennes et un art de combat japonais, le shintaïdoElles sont déterminantes dans le chemine-ment. Puis arrivent le chant vibratoire haïtien et un culte syncré-tique afro-brésilien -proche du candomblé– auquel j’ai été initié auprès de Maud Robart.

La collaboration avec la Cie K, entre 2002 et 2009, affirme le désir d’explorer et d’actualiser les expressions traditionnelles diverses sur tous les terrains. En 2009, le Teatro da Vertigem  (São Paulo) m’ap-porte le goût d’un théâtre hors conventions. En 2010, le travail avec Ondinnok, Théâtre Mythologique Amérindien (Montréal), m’amène la vision fondamentale d’un théâtre visionnaire.

En 2012, je crée le Théâtre d’Ailes Ardentes, qui suit un chemin de création original. Il porte toutes ces rencontres et s’inspire des veillées littéraires et des happenings artistiques des années 60/70. Tout en vivant de nombreuses collaborations, le Théâtre d’Ailes Ardentes propose des spectacles, des performances, un Café Poésie et des ateliers de transmission. Et au cœur de toutes ces activités, la relation à l’Autre et à la communauté.

Crédit Photo : Martine Doyon, Les Productions Ondinnok